Deux années de réflexion autour de l'exclusion scolaire et/ou sociale, des classes relais
Groupe Études Recherches.

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DES THÉORIES AUX PRATIQUES

éducation, dialogue, psycho-pédagogie

vers une réflexion sur les jeunes en difficulté d'insertion sociale et scolaire

LES COMPTES RENDUS

Le Groupe est coordonné par Daniel Lance et réunit une dizaine de personnes, en général à la fois chercheurs et hommes et femmes de terrain :

Pascale Andriamamonjy (Formatrice ADRAFOM 06, remédiation cognitive sur la classe relais OASIS, de Cannes), Stéphane Arru (enseignant spécialisé, classe relais Nice), Florence Clot (enseignante spécialisée, structure de la SIPAD, Structure Intersectorielle pour adolescents difficiles), Emmanuel de Henry (professeur de physiques Collège Mouans Sartoux, intervient 4h/semaine en classe relais), Daniel Lance, Ouiem Mansour (emploi jeune, EN, affectée classe relais Cannes), Catherine Martin (éducatrice PJJ, Classe relais OASIS, Cannes), Claire Masduraud (psychothérapeute, Groupe de paroles Classe relais), Nancy Midol (Université de Nice, Arts du Spectacle), Arlette Mucchielli (retraitée de l'université de Nice, a créé la section Sciences de l'éducation à Nice et a particulièrement travaillé sur la dysphasie, l'illettrisme), Thierry Peloux (enseignant spécialisé), Jean-Paul Montel PJJ, psychologue clinicien CAE de Cannes, intervient en classe relais en groupe de parole, dynamique de groupe), Jean-Luc Prades (sociologue, IESTS et chargé de cours Faculté de Nice, STAPS), Geneviève Ranucci (professeur de lettres classiques, collège Roland Garros de Nice), Élisabeth Souiaï (éducatrice PJJ, structure de la SIPAD, Structure Intersectorielle pour Adolescents Difficiles, Association Hospitalière Sainte Marie, structure fermée, pour adolescents en grande difficulté), M. Charlety, (Inspecteur AIS).

 

Introduction des travaux :

 

 

I. Sens de la recherche et public concerné.

Ce groupe de réflexion a réuni principalement des enseignants/chercheurs travaillant en classe relais, voire en SEGPA, des professionnels bénéficiant d'une forte expérience de terrain doublée d'une réflexion théorique qui sous-tend leur démarche. Aussi, on s'est adjoint l'aide d'autres professionnels en contact avec ce même type de jeunes et qui ont pu, par leurs pratiques et leurs recherches poser un éclairage différent sur certaines conduites d'échec scolaire. On pourra ainsi réunir des professionnels de l'éducation, de l'insertion, des psychologues, des philosophes, des chercheurs interdisciplinaires. Ces professionnels ont pour caractéristique d'être à la fois des femmes et des hommes de terrain, des personnes se confrontant à la réalité des publics de jeunes (plus particulièrement entre 13 et 16 ans) dit difficiles tout autant que des chercheurs élaborant une réflexion théorique. Chaque membre de ce groupe a la tâche de créer un lien entre un travail théorique et une pratique soutenue des publics difficiles. On a visé ainsi à créer tout un ensemble d'outils, de comptes rendus, d'articles utilisable par les enseignants de l'Académie de Nice confrontés à des jeunes descolarisés, violents, à des adolescents en souffrance. De plus en plus, des éducateurs, des professeurs sont confrontés à des échecs, ou des demi-échecs face à ces jeunes (échec dans leur pratique d'enseignement, dans la transmission d'un savoir, dans la médiation, dans une certaine parole transmise) ; même si on sait qu'il n'existe pas de remèdes miracles face à ces situations, il est urgent de prendre la mesure du désarroi que suscite l'attitude incivile, marginale de certains jeunes et de réunir les paroles, les expériences de professionnels venant de différents lieux de travail, de recherche. Il s'agit donc de générer un " aller retour " entre les pratiques et la réflexion théorique.

Le G.E.R. a travaillé sur la spécificité des classes relais ainsi que sur les jeunes qui sont en marge, en voie de marginalisation, par exemple dans les SEGPA, les ZEP, et qui posent de réels problèmes de désintérêt à l'égard du système scolaire, qui posent des problèmes d'intégration sociale.

On a pu dégager à partir des entretiens avec les jeunes de la classe relais de Nice, celle de Cannes, ainsi qu'à partir de ceux qui sont menés avec les équipes encadrantes plusieurs thèmes de réflexions récurrents.

La classe relais tente de répondre à trois nécessités : CONTENIR (contenir des jeunes parfois violents, impulsifs, instables), ÉDUQUER (former, guider au sens propre du terme), ENSEIGNER (pour certains jeunes, la scolarité étant obligatoire jusqu'à 16 ans, il faut les réintégrer dans un parcours scolaire traditionnel, transmettre un savoir minimal, alors que souvent ils ne supportent plus le collège et que cette réintégration pose problème). Il s'agit d'inscrire le jeune dans un parcours plus général de socialisation.

On a pu catégoriser des thématiques différentes, entre les jeunes et l'équipe intervenante, puis propre à l'équipe, puis plus particulière aux jeunes, même si il est indéniable que ces thématiques s'entrecroisent et sont intrinsèquement liées.

1- relevé des thématiques

A) Sur une réflexion sur la double contrainte jeunes /intervenants

* Double contrainte : Les jeunes s'inscrivent dans une double contrainte, ils demandent à être reconnus, à être aimés en même temps, qu'ayant souvent été rejetés, ils tentent de mettre en échec toute tentative de se reconstruire. " Aime-moi mais je ferai tout pour que cela rate ", " intéressez-vous à moi, mais je sais que cela va rater donc je mets en échec l'institution avant qu'elle ne me rejette à nouveau". Il faut repérer cette double contrainte afin de ne pas se faire prendre dans cette injonction contradictoire et les rejeter malgré notre intérêt pour eux. Comment ne pas reproduire ce qui vient souvent d'un schéma familial du type : amour/rejet ? Comment éviter la surenchère, trouver la bonne distance, sortir des injonctions contradictoires, des doubles contraintes ? Cette double contrainte est d'autant plus forte lorsqu'elle résonne avec des problématiques enfouies ches les adultes (par instinct, ces jeunes cherchent une faille pour, inconsciemment, malgré eux, mettre en échec ce qui est entrepris pour eux). Les jeunes s'inscrivent dans un registre confusionnel.

 

B) Questionnement plus particulier aux Intervenants

* Place, identité, rôle de l'adulte. L'équipe encadrante se pose la question de sa place. Est-il encore enseignant, est-il éducateur, assistant social, lien avec les collèges, gestionnaire de tâches administratives, est-il substitut de père, mère, grand-frère, figure emblématique qui a pu manquer ? L'adulte doit trouver la juste distance entre l'empathie, toujours dangereuse, et la mise à distance du jeune (toujours ressentie cruellement par le jeune). L'adulte doit s'adapter constamment. Certains enseignants ressentent la nécessité d'un feed-back, d'un retour (de l'institution, des éducateurs, des partenaires, etc). Que doit-on enseigner ? Les enseignants sentent bien qu'ils doivent rester des " passeurs de sens ".

* L'équipe adulte doit permettre de distinguer les actes des jeunes, poser le cadre, les limites (sociales, légales), de l'être, de ce qui est plus en profondeur. Elle doit comprendre le jeune, tout en montrant que tout acte asocial ne peut être toléré (mais là se pose la question d'une certaine impunité, quelles sont les ressources des adultes, comment faire intégrer la règle). Comment se positionner face à la transgression ?

* Comment permettre aux jeunes de sortir de leurs schémas passés, d'un même type de pensée, d'une répétition en spirale de l'exclusion. ?

* Comment introduire du traitement, du savoir, de la distance, là où en fait la demande est celle d'une gestion dans l'instant des différents événements ? Faut-il introduire du complexe, valoriser le jeune, poser de réels problèmes de fond (introduction de thèmes philosophiques dans les classes relais de Cannes et Nice). Les jeunes oscillant entre " cela me mange le cerveau " suivant leur expression et une forte valorisation lorsqu'ils ont pu mener à bien des tâches réputées difficiles. Établir une réflexion pédagogique sur le fondement même de l'enseignement qui doit être parfois de l'ordre de l'illettrisme mais aussi de celui d'une réflexion forte et construite sur des questions essentielles, sur les grands thèmes universels propres à l'humain, sa place au monde…

* Comment définir les priorités ? Comment gérer le temps, la multitude de tâches à accomplir, les besoins, etc. ?

* Nécessité d'établir des constantes de recherche, des constantes pédagogiques, même si on peut affirmer pour l'année scolaire 2000/2001, qu'il n'existe pas une classe relais qui fonctionne comme une autre.

* On pourrait constater aussi un écart entre la demande affichée et celle implicite de l'Éducation Nationale. Là encore la place de l'adulte est ambiguë. N'y a-t-il pas là aussi une double contrainte de la part de l'institution, on crée de plus en plus de classes relais, mais si elle réussissent ne sont-elles pas ressenties comme une sorte d'échec par rapport au système scolaire classique, à la pédagogie traditionnelle ?

C) Questionnement plus propre aux jeunes

* Gestion de " groupe-dynamite ", groupe prêt à exploser en raison de toutes les difficultés extérieures aux dispositifs relais. Le jeune voudrait qu'on s'occupe de lui de manière particulière, unique mais il est dans un groupe, il doit pouvoir réintégrer l'école, la formation qualifiante, la société (nouvelle notion de socialisation). La relation à deux se passe souvent bien , la contagion mimétique qui s'opère dès qu'un groupe se constitue est évidente.

* Les jeunes sont dans une difficulté à penser le réel. Ils sont dans l'immédiateté, le futur est souvent celui de l'heure de la minute suivante. Les adultes sont pris dans leur quotidien, leur gestion de l'instant, des difficultés qui surgissent à tout moment de la journée. Comment passer d'un rôle passif à un rôle actif, ce qui permettrait de sortir de l'impuissance ?

* On a posé aussi la question du moment où sont traités ces jeunes. Dès le primaire, les difficultés étaient souvent présentes, on a laissé la situation s'enliser, ils arrivent en classe relais ente 13-14 et 16ans. Certains sont illettrés, dyslexiques, pointer une nécessité d'un repérage.

* Qu'existe-t-il après la classe relais ? Ne faut-il pas suivre ces jeunes que l'on a pu mieux connaître, que l'on a vus pendant un temps plutôt long ?

 

Il. Spécificité et intérêt.

 

L'intérêt d'un tel groupe consiste en sa démarche particulière qui vise à travailler dans une double perspective, perspective à la fois théorique et pratique. Ainsi les participants au G.E.R. devront tout d'abord préciser le lieu d'où ils parlent (sont-ils professeur en recherche sur le langage, sont-ils instituteurs spécialisés, enseignants, sont-ils psychothérapeutes : freudien, jungiens, comportementalistes, ou autres ), pour après donner un compte rendu de leur recherche pratique. Souvent on peut lire des textes fort intéressants mais qui sont soit théoriques (théorie du langage, sciences de l'éducation, etc.), soit pratiques. Notre propos visera à réunir les deux aspects de la question. Ainsi on pourra réunir des professionnels parlants de lieux différents, ce qui permettra de donner une vision élargie de ce qui peut se faire dans le domaine de l'exclusion. La perspective est donc interdisciplinaire et se doit d'être lisible, compréhensible et directement utilisables par d'autres enseignants de l'Académie de Nice.

Pour l'année scolaire 2001/2002, il était proposé un thème par séance avec intervention de chaque spécialiste et mise en commun des pratiques. À chaque séance des intervenants prenaient la parole soit pour 45' soit 20' pour exposer leurs pratiques et l'apport théorique qui guident leurs réflexions. L'exposé était repris et commenté par l'ensemble des participants, chacun réfléchissant sur la méthode, l'outil proposé et comment il pourrait être transmis, être intégré dans la prise en charge de jeunes en difficulté. Il s'agit de réfléchir ensemble et de mettre en valeur cette interdisciplinarité qui est le propre du GER. Cette question rejoint naturellement celle du partenariat.

LE GER réfléchit " autour " de la classe relais, c'est-à-dire en en son amont et en son aval. Ainsi, pour réfléchir sur l'en-deçà de la classe relais la SIPAD, Nice Bon Voyage est invitée. Pour réfléchir sur l'amont, sur la réalité des collèges d'aujourd'hui, Geneviève Ranucci, professeur au Collège " sans problème " de Roland Garros est venue intégrer le Groupe.

Geneviève Ranucci met l'accent sur les changements qui se sont passés pendant les dernières années qui conduisent les enseignants à se poser des questions sur leurs pratiques. On a toute une gradation dans les difficultés des jeunes. La classe relais représente une exclusion de collège, un temps à part dans la scolarité, relais avant d'intégrer à nouveau le système scolaire. Au-dessus, pourrions-nous dire, les SEGPA, en amont encore le collège traditionnel. En de-ça des classes relais la SIPAD qui reçoit des jeunes en très grande difficulté, jeunes filles anorexiques, jeunes abusés, jeunes ayant commis des passages à l'acte les mettant en danger, structure partenaire avec l'Éducation Nationale, mais hébergée en milieu hospitalier. On pense trouver les mêmes degrés d'une problématique simplement avec des gradations différentes. On note cette nécessité de plus en plus forte de travailler en partenariat avec différentes institutions, Justice, EN, milieu médical, psychologues, etc.

Nous avons aussi invité des spécialistes tels que Nancy Midol, Arlette Muchieli, qui font intervenir le corps et la voix, corps souvent nié à l'école, dans les systèmes d'éducation. Arlette Muchielli a travaillé sur une méthode d'illettrisme faisant intervenir le corps, Nancy Midol travaillait auparavant au STAPS de Nice et s'intéresse au corps, comme moyen d'expression.

Le principe de ce Groupe est de faire le lien entre théorie et pratique et d'obtenir à chaque fin de séance un ensemble d'outils utilisables par de futurs professeurs, des professeurs, de futurs intervenants auprès de jeunes en dérive. Ces interventions permettent de remettre en question nos pratiques, de les faire partager et de aussi de les améliorer. Il s'agit d'un partage en même temps que d'une réflexion sur ce qui a été énoncé.

On a tenté de créer un réseau avec d'autres institutions ou des implications au-delà de notre propre groupe de recherche avec par exemple :

&emdash; Fremont High School, 4610 Foothill Blvd, Oakland, CA 94601, téléphone : (510) 879 3020. École qui reçoit des jeunes des quartiers très défavorisés d'Oakland. Gardes en uniformes à l'entrée du collège/lycée. 38,7% d'afro-américains, 45% de latino-mexicains américains, 0,6% de Blancs. Après visite et cours dans cette école et entretiens enregistrés avec les professeurs et les étudiants de Daniel Lance, octobre-novembre2001, on s'aperçoit que les mêmes problématiques, les mêmes inquiétudes, les mêmes " solutions " que dans les classes relais et plus particulièrement dans le GER sont abordées. On propose avec la Fremont High School un échange de pratiques, voire des visioconférences. Une " mise en réseau " (qui s'inscrit aussi dans les orientations internationales du rectorat) paraît très enrichissante.

&emdash; Programme Nouvelles Chances, Coordonnateur Pascal Norbelli, Créteil, professeur de mathématiques, recevant les jeunes après les classes relais, 16-25ans, travail sur le théâtre, le corps (cours d'arts martiaux, les savoirs de bases et l'élaboration de projets, insertion).

Le cas de la Fremont High School, se révèle significatif d'une certaine prise en charge des élèves en difficulté.

Le projet avec la Fremont High School montre un autre gradiant dans la gestion des populations en difficulté, mais la visite de Daniel Lance a montré que, là) encore, les mêmes problématiques étaient dégagées : rôle du professeur, gestion de l'échec scolaire, donc de l'échec du professeur, accueil de jeunes marginaux, gestions de populations de cultures différentes (afro-américaines, asiatiques, hispaniques,…). Le Conselor, l'équivalent du CPE, affirmait aussi qu'une classe du " college " arrivait presque entièrement à l'Université. Sur 1800 jeunes, 50 intègrent l'université. Mais on notera aussi qu'une étudiante d'un établissement similaire a attaqué l'école et l'état car elle s'est aperçue que les notes qu'elle avait ne correspondaient pas du tout au niveau demandé à l'Université. Elle a dit à ses professeurs : " vous m'avez menti, vous m'avez leurré, quel est le savoir que vous m'avez transmis ? " Il faut savoir aussi qu'on demande aux professeurs de ne pas mettre moins que C, sinon les élèves auront une " bad self-esteem ", une mauvaise image d'eux-mêmes, mais en même temps ces notes ne correspondent plus à grand chose. Mais comment les professeurs peuvent-ils transmettre un savoir dans certaines conditions ?

Le cas est intéressant, les professeurs, s'ils ne mettent pas de bonnes notes, sont eux-mêmes mal notés par leur hiérarchie. Ils n'ont pas le droit d'expulser un élève difficile ce qui voudrait dire qu'ils ne savent pas gérer leur classe. Mais on devine que dans certaines classes, l'administration refuse de voir la réalité telle qu'elle est (trafic de drogue, insultes aux profs, etc.). De plus les jeunes ne comprennent pas s'ils reçoivent des notes médiocres. Nous trouvons ici un double lien, double bind, une injonction contradictoire dans lequel est pris le professeur, quoi qu'il fasse, il a tort. Ainsi c'est tout un système de notation qui se pervertit. On peut se demander si en France les mêmes problèmes ne sont pas en train de s'installer. Mais plus que le système de notation, c'est le système d'éducation qui est mis en accusation.

Ceci pose la question du rôle de l'enseignant, est-il éducateur, transmetteur de savoir, psychologue, en tout cas les difficultés que rencontrent de plus en plus d'enseignants pose cette question de leur statut, et donc surtout de leur formation pour les publics futurs qu'ils auront à recevoir.

À la question posée par Daniel Lance aux professeurs : " d'après vous qu'est-ce qui fait que, dans votre classe, cela fonctionne plutôt bien avec les jeunes ? ". La réponse était unanime : " when we care for them ", " lorsque nous nous intéressons à eux ". On comprend qu'on est toujours dans la question de la restauration de l'image de soi, dans l'écoute, dans la compréhension de l'autre.

Ainsi, le travail de Pascale Andriamamonjy montre cet autre aspect de l'éducation, avant d'apprendre, il faut bien apprendre à apprendre : la remédiation cognitive est un travail de méthodologie sur les mécanismes d'apprentissage.

Jean-Paul Montel insiste sur ce que les jeunes nous enseignent, sur la signification du passage à l'acte, de la violence.

 

Le Cas de Programme Nouvelles Chances, àCréteil.

Pascal Norbelli, Coordonnateur de la classe à Créteil, professeur de mathématiques, reçoit les jeunes après les classes relais, 16-25ans. Il a " carte blanche " et est appuyé par une volonté forte de l'Inspection Académique de Créteil de s'occuper de jeunes en errance. Là encore il s'agit de l'amont, l'après classe relais pour certains. Il a monté un travail sur le théâtre, Paul Gatti. Travail sur l'expression corporelle, la voix, etc. Mais il faisait part aussi à Daniel lance de la difficulté de motiver, d'intéresser ces jeunes. On remarque que chaque fois que l'institution est en difficulté, elle donne en quelque sorte carte blanche mais n'est-ce pas trop tard. Catherine Martin soulève la question de l'âge. Certains de nos jeunes reçus en classe relais étaient déjà en difficulté dans le primaire, voire la maternelle ; certains sont illettrés après avoir suivis des années d'études (et d'exclusions) en collège traditionnel. C'est à la base qu'il faut repenser l'éducation et l'exclusion qu'elle peut entraîner et s'occuper de ces jeunes dès l'apparition de ce qu'on pourrait appeler des symptômes. On fait, nous nous apercevons que nous avons tous les mêmes difficultés.

Les différents thèmes développés

 

1) Du partenariat Institutionnel à la dynamique d'un réseau tissé :

Insertion professionnelle, citoyenneté , droit. Le rapport à la loi, les repères.

Intervenants :

Madame Quentier, principale du Collège des Vallergues. De quelle manière Madame la principale a pu modifier, gérer une situation de crise et faire passer un établissement d'un sentiment de peur diffuse à une nouvelle image, une nouvelle ambiance où la cour de récréation redevient un lieu " convivial "?

Jean-Luc Prades, sociologue, expose sa perception des classes relais, la place de l'école, lieu de souffrance ?, la construction du sujet. Comment penser la formation professionnelle ?

Les éducateurs, Catherine Martin, Élisabeth Souiaï, interviennent pour dire la place du partenariat, de la protection judiciaire de la jeunesse dans l'école au sens large.

 

2) Le corps discipliné : Séance sur le corps, sa place dans l'institution scolaire.

 

Intervenants :

Jacques Gleyse, intervenant principal : l'instrumentalisation du corps.

Nancy Midol, anciennement au STAPS, intervient sur le corps, la relaxation.

Daniel Lance témoigne aussi sur son application des arts martiaux et particulièrement de l'Aïkido, art martial non-violent utilisant la force du partenaire, avec ces jeunes. Comment l'art martial peut aider à la structuration du corps, en dépit de toutes les difficultés que suscite la mise en place d'une telle pratique ?

Les jeunes que nous recevons sont souvent hyper-actifs, ont des grosses difficultés de concentration, ils n'ont qu'une envie, bouger, sauter, quitter leur place ; ne pas prendre en compte cette situation induit l'échec d'un cours et plus globalement de la relation. séance sur les textes.

 

3) Des mots pour s'approprier le monde.

L'illettrisme, l'alphabétisation, l'écrit, la parole. Quels sont les différents outils, les différentes méthodes qui sont utilisées face à ces jeunes. Intervenants :

Arlette Muchielli sur l'illettrisme, comment faire intervenir le corps dans cet apprentissage.

Florence Clot, SIPAD, comment travailler avec des textes " faciles ".

Geneviève Ranucci : l'entraînement à la gestion mentale.

Daniel Lance : Les textes complexes et l'image de soi.

Thierry Peloux : La simulation globale

Michel-Pierre Bachelet : l'art oratoire

 

4) Les arts comme expérience de l'étonnement : Séance sur l'art.

Quelle est la place de l'art, de la sensibilité aux choses, aux créations d'autrui. Est-ce que l'art peut être un médiateur, un instrument de communication entre ces jeunes et nous, entre ces jeunes et l'institution.

Intervenant :

Marie-Dominique Popelard, intervenant principal, Professeur, Paris 3, philosophe, art et communication. L'art populaire comme médiation, comme intégration ?

Emanuele Vinale prend la parole à propos de son expérience d'atelier à l'Ariane, son intervention dans une école de l'Ariane.

Elisabteh Souiaï : expose l'art-thérapie à la SIPAD.

 

5) Reconnaître le sujet comme ressource : séance psycho-pédagogique.

Comment les psychologues interviennent en classe relais, dans les groupes de paroles des intervenants. Quel éclairage, quelle aide peuvent donner les psychologues sur les jeunes que nous recevons. Comment établir le partenariat ?

Intervenants :

Jean-Paul Montel, Centre d'Action Éducative de cannes, PJJ, psychologue clinicien.

Claire Masduraud, Docteur en psychologie.

Pascale Andriamamonjy, Docteur en psychologie, spécialiste de la remédiation cognitive, intervient en classe relais, à la Zaïne, Vallauris, au sein de l'association ADRAFOM 06, sur l'alphabétisation.

 

 

Compte rendu : Daniel Lance